Si les murs pouvaient parler ...
Si les murs du Fort de Guentrange pouvaient parler, ils auraient beaucoup de choses à raconter. Ils parleraient d'abord d'un temps où les canons devenaient toujours plus puissants et où les anciennes fortifications ne suffisaient plus. Alors, il fallut changer de manière de penser. Ne plus seulement construire des murs autour des hommes, mais les faire disparaître sous la terre. Éloigner les bâtiments. Épaissir le béton. Protéger les canons sous des tourelles. Relier les différents ouvrages par des galeries creusées dans les profondeurs.
> La naissance de la Feste


Fort de Guentrange
Feste Obergentringen
1899 - 1906
C'est ainsi qu'à la fin du XIXe siècle, sur les hauteurs de Thionville, commence l'histoire de la Feste Obergentringen. Mais ne vous y trompez pas : un lieu comme celui-ci ne naît pas d'un simple trait de crayon. Imaginez le chantier, les hommes venus de la région, de Moselle, mais aussi d'ailleurs, notamment d'Italie, travaillent à la naissance de ce géant de 46 hectares. Année après année, entre 1899 et 1906, ils donnent corps à un projet militaire colossal.
> Quand les soldats Prussiens arrivent
.jpg)
Puis, un jour, les ouvriers quittent peu à peu le chantier et ce sont les soldats qui arrivent. Jusqu'à 2 000 hommes peuvent alors vivre ici. Pas seulement combattre mais vivre, manger, dormir, se soigner, travailler, communiquer sous terre. Le Fort devient presque une petite ville, avec son chauffage central, son eau chaude, ses cuisines, son bloc opératoire, sa centrale électrique, son téléphone et ses installations de ventilation. Dehors, il pouvait faire nuit ou pleuvoir voir même tomber sous le feu de l'ennemi, sous des mètres de béton, la vie devait continuer.
> Les murs changent de drapeau
Les galeries ont entendu parler allemand, puis français avant d'entendre à nouveau l'allemand. Après la Première Guerre mondiale, l'ancienne Feste devient française. L'armée l'utilise, l'adapte, la transforme. Sans être un ouvrage de la Ligne Maginot, ce Feste né pour défendre l'Empire allemand trouve sa place dans l'organisation défensive française de la frontière. Et puis, l'histoire bascule de nouveau. Les uniformes changent, les voix aussi. Le Fort de Guentrange redevient allemand en juin 1940 !

> Une nouvelle guerre ...

Puis vient une nouvelle guerre et cette fois encore, le Fort de Guentrange se retrouve au cœur d'une histoire. À la Libération de Thionville en automne 1944, alors que les combats se poursuivent en direction de Metz, des soldats américains et des forces françaises y trouvent un lieu de repos et de passage avant de repartir vers le front. Qui aurait imaginé, au moment de sa construction, que ce Fort conçu pour défendre une frontière allemande deviendrait, quelques décennies plus tard, l'un des témoins des deux annexions allemande et des deux guerres mondiale ?
> Le silence s'installe progressivement
La guerre passe, mais le Fort de Guentrange reste debout. Après le tumulte des conflits, il connaît encore une longue vie militaire avant que, peu à peu, les hommes ne s'en aillent, laissant les couloirs se vider et les machines se taire. Le silence revient alors, un silence bien différent de celui que ces murs avaient connu autrefois. Cette fois, ce n'est plus l'attente tendue ou la protection de la casemate, mais celui, plus lourd, de l'abandon. Le temps s'installe alors en maître, s'infiltrant partout dans les profondeurs des galeries. Et durant un long moment, on aurait presque pu croire que l'histoire s'était arrêtée là.

> Ceux qui refusent l'oubli !
.jpg)
Mais certains lieux refusent de disparaître ou, plutôt, certaines personnes refusent de les laisser sombrer. Des passionnés, membres de l'ASGF puis de l'AGFG, ont ainsi franchi à nouveau ses lourdes portes au fil des décennies. La flamme est portée par les mêmes mains et les mêmes cœurs depuis le premier jour, grâce aussi à la confiance indéfectible que la Ville de Thionville nous accorde depuis plus de 38 ans. Nous nettoyons, nous restaurons, nous préservons, redonnant peu à peu une voix à ce géant que le silence du temps avait commencé à faire taire, afin de pouvoir vous le faire visiter et de perpétuer, ensemble, le devoir de mémoire.
> Le Fort vous raconte la suite
Alors, bien sûr, nous pourrions vous égrener toutes les dates, vous expliquer chaque conflit, vous nommer chaque installation et chaque ouvrage. Mais le Fort de Guentrange mérite infiniment mieux qu'une simple page à faire défiler, car il y a toute la nuance du monde entre lire l'histoire d'un lieu et entrer dans son histoire : marcher dans l'ombre de ses galeries, ressentir le souffle de l'air frais qui les traverse, effleurer les traces laissées par ceux qui nous ont précédés, se demander qui se tenait là, avant nous, et réaliser soudain que, depuis plus d'un siècle, ce Groupe Fortifié continue de garder ses secrets.
Nous pourrions bien sûr continuer à vous conter son passé. Mais peut-être qu'à présent, le Fort de Guentrange préfère vous raconter la suite lui-même ...

Plan du Fort de Guentrange























Blockhaus de protection de l'entrée de l'enceinte.

Blockhaus de protection de l'entrée de l'enceinte.

Entrée de l'enceinte du fort.

Blockhaus de protection de l'entrée de l'enceinte.
















Batterie de canons.



Batterie de canons.






Observatoire de la vallée de la Moselle.









