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Thionville 1944, 366 jours d'une Histoire oubliée des récits.

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Après plus de 4 années d’annexion allemande, Thionville entre dans les semaines les plus incertaines de son histoire récente. Les troupes américaines approchent, puis pénètrent dans la ville, tandis que l’armée allemande tient encore solidement la rive droite de la Moselle. La Libération commence, mais elle est loin d’être achevée.

De septembre à décembre 1944, Thionville vit ainsi entre libération, combats, bombardements, évacuations et difficultés de ravitaillement. La Moselle devient une ligne de front, les positions allemandes résistent encore et la guerre continue aux portes de la ville.

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Cette page propose de suivre, mois après mois, cette période à travers les faits, les témoignages, les documents et les sources d’époque. Une histoire longtemps racontée, puis peu à peu effacée des mémoires, que nous remettons ici en pleine lumière. Choisissez un mois et plongez au fil des événements qui ont marqué Thionville durant les derniers mois de 1944.

Septembre 1944 — Thionville libérée, mais toujours sous le feu

Thionville septembre 1944

Les 1er et 2 septembre 1944 - Une première irruption américaine, trop isolée pour tenir​

Le registre municipal, rédigé après les événements, situe au 1er septembre une première « poussée de chars ». L’historique du XX Corps documente de façon beaucoup plus précise l’action du lendemain : le 2 septembre, le 3rd Cavalry Group dispose encore d’une certaine mobilité grâce à environ 4 000 gallons (environ 15 000 litres) de carburant d’aviation capturés à la Luftwaffe, alors que l’essentiel du XX Corps est déjà paralysé par la pénurie d’essence.

 

Dans l’après-midi, un peloton de cavalerie parcourt près de 70 miles (environ 112km) à travers un dispositif allemand encore désorganisé entre dans Thionville et s’empare du principal pont routier sur la Moselle. Il le tient pendant plusieurs heures. La garnison allemande surprise, subit des pertes en hommes et en matériel, puis se ressaisit et repousse les cavaliers, trop légèrement armés pour tenir seuls. L’infanterie américaine, immobilisée plus à l’ouest faute de carburant, ne peut pas les rejoindre.

 

Cette première présence américaine dans la ville de Thionville est donc un coup de main, pas encore une libération durable. Les deux sources ne donnent pas exactement la même date pour la première poussée ; elles sont conservées côte à côte, sans les confondre.

 

Sources : [M1] préambule du registre municipal ; [A2] Partial History of the XX Corps, p. 11.

Le 4 septembre 1944 - Les pompiers évacués par les autorités allemandes

Alors que le front se rapproche, les autorités allemandes évacuent le corps des sapeurs-pompiers de Thionville vers Rodemack. Le service incendie en ville n’est plus assuré que par des équipes ramenées alternativement. Le problème restera ouvert jusqu’à la fin du mois, la Commission municipale réclamant encore leur retour le 25 septembre.

 

Sources : [M1] registre municipal, séance du 25 septembre, p. 19.

Le 6 septembre 1944 - Thionville devient un objectif militaire explicite

Le 6 septembre, l’After Action Report de la 90th Infantry Division fixe noir sur blanc la mission : avancer derrière la 7th Armored Division, détruire l’ennemi dans la zone, capturer Thionville et établir une tête de pont sur la Moselle, tout en protégeant le flanc nord du XX Corps. La division doit couvrir un front très large, plus de 30 kilomètres et choisit une progression méthodique plutôt qu’une percée étroite directement sur la ville.

 

Cette précision est essentielle : Thionville n’est pas une localité rencontrée par hasard au fil de l’avance. Elle est un objectif opérationnel désigné, parce que le franchissement de la Moselle doit ouvrir la route vers l’est. 

 

Sources : [A1] 90th Infantry Division, After Action Report - September 1944, entrée du 6 septembre.

Les 7 et 8 septembre 1944 - La 106th Panzer Brigade tente de briser l’avance

Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1944, la nouvelle Panzer-Brigade 106, commandée par le colonel Franz Bäke, descend du secteur du Luxembourg et pénètre dans le dispositif de la quatre-vingt-dixième division d’infanterie.

 

Après les succès défensifs allemands des 5 et 6 septembre, le commandant de la 1re Armée allemande, Otto von Knobelsdorff, décide de lancer cette contre-attaque contre le flanc exposé américain au nord de Thionville. Engagée au petit matin en deux colonnes blindées sans reconnaissance préalable précise, l’attaque surprend d’abord les Américains et retarde leur mouvement sur Thionville d’une journée, mais elle se transforme rapidement en désastre pour la brigade allemande.

 

Les forces américaines se ressaisissent, bloquent les colonnes blindées et les prennent sous le feu des chars, de l’artillerie et des armes antichars. Le bilan américain de la journée du 8 septembre est considérable : 30 chars, 60 half-tracks et environ 100 autres véhicules capturés ou détruits, ainsi que 764 prisonniers. Le 1st Battalion du 358th Infantry Regiment engagé notamment dans le secteur de Mairy, revendique à lui seul 7 chars et 43 half-tracks capturés ou détruits.

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Sources : [A1] AAR de la 90th Infantry Division, 8 septembre ; [A4] histoire du 712th Tank Battalion ; Panzerworld, page consacrée à la Panzer-Brigade 106

Les 10 et 11 septembre 1944 - Le 358th Infantry Regiment s’approche de Thionville

Le 10 septembre, l’offensive en direction de Thionville reprend. Le 358th Infantry Regiment se concentre dans le secteur de Fontoy. Son 1st Battalion gagne Angevillers pour préparer l’attaque des hauteurs au nord-ouest de Thionville ; son 3rd Battalion atteint Algrange puis attaque les pentes abruptes conduisant au plateau dominant la région.

 

Le 11 septembre, le 3rd Battalion s’empare des hauteurs à l’est de Volkrange. Le 1st Battalion attaque depuis Angevillers sur un terrain difficile et face à une résistance déterminée. Le 2nd Battalion est alors déplacé vers Volkrange avec une mission sans ambiguïté : prendre Thionville. Sa progression reste limitée ce jour-là.

 

Le registre municipal considère néanmoins que le 11 septembre marque la libération de la plus grande partie du territoire de la ville, seule la rive droite demeurant aux mains de l’ennemi. 

 

Sources : [A1] AAR de la 90th Infantry Division, 10-11 septembre ; [M1] préambule du registre municipal

Le 12 septembre 1944 - Les combats entrent dans Thionville

Le 12 septembre, la bataille entre véritablement dans la ville de Thionville. Le 1st Battalion du 358th Infantry Regiment achève l’occupation des hauteurs au nord-ouest de Thionville. Le 3rd Battalion demeure en position et envoie une compagnie à Terville pour protéger le flanc droit de l’avance. Le 2nd Battalion, lui, descend vers la ville et se fraie un chemin jusque dans Thionville.

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Le rapport américain parle expressément d’une défense maison par maison, de démolitions et de barrages routiers. Les abords du pont sont particulièrement barricadés. Le rapport régimentaire du 358th Infantry Regiment précise que les Allemands tiennent encore, à l’ouest de la Moselle, une tête de pont d’environ 300 yards, protégée par des barricades et des défenses antichars. Le 2nd Battalion reçoit alors explicitement pour mission de s’emparer de la partie de Thionville située à l’ouest du fleuve, tandis qu’un peloton spécialisé dans les mines est chargé de l’aider à neutraliser les démolitions découvertes dans la ville.

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À la tombée de la nuit, le 2nd Battalion forme un arc serré au sud et à l’ouest de l’accès au pont, à environ 300 yards (275 mètres) du passage sur la Moselle.

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Sur l’autre rive, les reconnaissances américaines observent des positions préparées et de fortes garnisons. L’ensemble des renseignements conduit le commandement de la 90th Infantry Division à estimer qu’au moins l’équivalent d’une division allemande lui fait face à l’est de la Moselle.

 

 

Sources : [A1] AAR de la 90th Infantry Division, 12 septembre ; [A5] 358th IR  AAR  September 1944 ; [A2] Partial History of the XX Corps, section “Action in Thionville”.

Nuit du 12 au 13 septembre 1944 - Le dernier pont est détruit

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, le dernier pont encore intact est détruit. Le 13, le 2nd Battalion du 358th Infantry Regiment, soutenu au nord par le 1st Battalion, termine le nettoyage de Thionville jusqu’au fleuve. Le rapport municipal rédigé plus tard situe lui aussi la libération de la rive ouest aux 12 et 13 septembre.

 

La ville de la rive gauche est désormais entre les mains américaines mais la Moselle partage encore le champ de bataille. Sur le plan technique, la 90th Infantry Division aurait préféré chercher un franchissement plus au nord, vers Malling ou même Remich. Le XX Corps exige toutefois à ce moment une traversée dans l’immédiat voisinage de Thionville.

 

Sources : [A1] AAR de la 90th Infantry Division, 13 septembre ; [M1] rapport rétrospectif de René Schwartz, p. 22.

Les 13 et 14 septembre 1944 - Le grand franchissement prévu à Thionville est abandonné

Le plan arrêté pour le 14 septembre prévoit que le 358th Infantry Regiment fournisse l’effort principal en traversant la Moselle à Thionville. Des diversions doivent être menées à Uckange par le 3rd Battalion du 357th Infantry Regiment et dans le secteur de Cattenom par le 3rd Battalion du 359th Infantry Regiment.

Mais la partie de Thionville située à l’est de la Moselle est fortement garnie, les accès sont difficiles, les reconnaissances sont jugées insuffisantes et les préparatifs incomplets. Le commandement de la 90th Infantry Division reporte d’abord l’opération de 24 heures. Elle n’aura finalement jamais lieu : peu avant minuit, le XX Corps ordonne à la 90th Infantry Division d’étendre son effort vers le sud pour relever les unités engagées devant les défenses de Metz.

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Le 14 septembre, la nouvelle mission de la 90th Infantry Division est de contenir Thionville et ses environs avec le minimum de forces tout en maintenant des patrouilles actives le long de la Moselle. Le 358th Infantry Regiment, moins son 3rd Battalion, reste chargé du secteur de Thionville. Le rapport régimentaire précise que le gros de ses forces doit être maintenu dans Thionville et à l’ouest de la ville, tandis que la ligne de la Moselle doit être patrouillée activement de jour comme de nuit.

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Le dispositif est renforcé de manière très précise : le 344th Field Artillery Battalion et le 345th Field Artillery Battalion assurent l’appui d’artillerie ; la Company B du 607th Tank Destroyer Battalion fournit les chasseurs de chars ; des éléments du 712th Tank Battalion apportent l’appui blindé ; et la Company B du 315th Engineer Battalion intervient avec le génie. Celui-ci reçoit notamment pour mission d’achever le dégagement des barrages routiers dans Thionville et d’aider le 2nd Battalion à organiser les défenses le long de la Moselle.

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Le 1st Battalion doit se placer au nord-ouest de Thionville afin d’épaissir le dispositif défensif du 2nd Battalion et de pouvoir intervenir dans n’importe quelle direction. Le 2nd Battalion, lui, doit empêcher toute nouvelle traversée allemande de la Moselle à Thionville et maintenir des patrouilles à pied et motorisées le long du fleuve. Des avant-postes renforcés sont également maintenus dans le secteur d’Uckange et de Garche.

 

 

Sources : [A5] 358th IR  AAR  September 1944 ; [A1] AAR de la 90th Infantry Division, 13-14 septembre.

Le 14 septembre 1944 - L’administration française renaît sous les obus

À Thionville, Monsieur Lucien Guille, délégué du Gouvernement provisoire, réunit les membres présents de l’ancien Conseil municipal. Il ouvre la séance à 16 heures et leur annonce qu’il a été chargé à Paris, par le ministère de l’Intérieur de réinstaller l’administration française à Thionville.

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Une commission municipale provisoire est constituée, Monsieur Lucien Guille en devient Président et Monsieur Georges Marchal Vice-Président. Les responsabilités sont réparties : ravitaillement à Monsieur Pierre Merz et Monsieur Louis Thuillier ; prévoyance sociale et questions sanitaires au Docteur Pierre Houncheringer ; gérance des biens à Monsieur Raymond Lesceux et Monsieur Théodore Anselm ; architecture et services publics à Monsieur Émile Wagner et Monsieur Émile Riedinger ; finances à Monsieur René Schwartz. Les employés communaux sont répartis entre les services reconstitués, qui reprennent immédiatement leur activité.

 

Le procès-verbal résume brutalement le décor : Thionville est « en première ligne et sous les obus ». La Commission décide donc de siéger en permanence. Une police municipale de volontaires est créée sous la direction de Monsieur Spuhler afin de lutter contre les pillages.

 

Un appel est affiché : la Commission reprend la gestion de la cité, les cartes de ravitaillement et la monnaie conservent leur validité, chacun est invité à reprendre ses occupations. Mais la menace contre les pillards est extrême : l’affiche annonce que tout pillard sera arrêté sur-le-champ et « passé par les armes ». Le couvre-feu demeure fixé de 20 heures à 7 heures du matin et toutes les armes et munitions doivent être remises à la police, installée dans l’ancien tribunal rue de l’Hôpital, la mesure est immédiate et générale, sans détour.

 

Sources : [M1] registre municipal, séance du 14 septembre, pp. 8-9

Le 15 septembre 1944, 10 heures - Les premières directives américaines à la municipalité

Le Commandant Davis, représentant les autorités américaines et commandant de la place de Thionville, prend officiellement contact avec la municipalité. Ses instructions montrent une ville encore au contact direct de la guerre : restreindre la circulation entre Thionville et ses annexes ; interner les membres dangereux des formations paramilitaires allemandes et les sujets allemands constituant une menace ; rassembler les armes et munitions ; rechercher les corps des soldats allemands tués et les réunir hors de la ville pour que l’armée américaine se charge ensuite de leur inhumation.

 

Les étrangers errant dans Thionville doivent être regroupés dans un camp (emplacement non précisé dans le registre) avant d’être remis aux autorités américaines en vue de leur rapatriement ; ils peuvent être réquisitionnés entre-temps pour les travaux urgents. Le Commandant Davis approuve aussi la création de la police municipale et le retour des sapeurs-pompiers avec leur matériel.

 

Sources : [M1] registre municipal, séance du 15 septembre à 10 h, p. 10.

Le 15 septembre 1944, 15 heures - Fin du Gross-Diedenhofen administratif

Dans l’après-midi, les maires des communes annexées à la « Stadtgemeinde Diedenhofen » sont réunis à Thionville. Monsieur Lucien Guille vient d’être nommé sous-préfet et abandonne la présidence de la Commission municipale. Monsieur Georges Marchal lui succède. Les maires sont invités à organiser dans leurs communes une administration comparable à celle qui vient d’être remise sur pied à Thionville.

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Sources : [M1] registre municipal, séance du 15 septembre à 15 h, p. 11.

Les 15 et 16 septembre 1944 - Au Fort de Guentrange, les canons changent de camp !

Au même moment, sur les hauteurs de Guentrange, un épisode exceptionnel est observé par plusieurs correspondants américains. Le Fort de Guentrange est désormais aux mains des Américains. Pendant ce temps, le 358th Infantry Regiment signale que de violents tirs d’artillerie et de mortier s’abattent sur Thionville, faisant plusieurs victimes civiles, tandis que les hommes du génie poursuivent le dégagement des démolitions et des obstacles dans la ville. Les journaux décrivent 8 pièces Krupp de 105 mm trouvées intactes avec des munitions ; le rapport de la 90th Infantry Division mentionne, de son côté, 10 « fortress guns » dans des casemates au nord-ouest de Thionville. 

 

Les coupures de presse mettent particulièrement en avant le Sergent Joseph C. Pellerin, 27 ans, de Lawrence dans le Massachusetts. Le « Buffalo News » rapporte que le Capitaine Charles W. Wise, 25 ans, de Pontiac dans le Michigan, lui attribue l’essentiel du mérite pour avoir compris les commandes des pièces. Les canons sont encore enduits de cosmoline (graisse de protection anticorrosion) ; des fantassins américains, ne pensant jamais les réutiliser, auraient même jeté des pierres dans les tubes sans endommager les rayures. Les hommes essaient ensuite les commandes l’une après l’autre jusqu’à remettre les mécanismes en mouvement.

 

Le « Detroit Free Press » apporte un second nom : le Sergent Marcel Kahrs, d’Indianapolis, qui travaille avec le Sergent Pellerin pour comprendre le fonctionnement des tourelles. Ce journal attribue au Sergent Pellerin l’honneur d’avoir tiré le premier coup d’essai. Il précise aussi que la Cannon Company chargée des tirs est sous les ordres du Capitaine Charles Wise, ancien employé de Packard Motor Company à Detroit. Le rapport du 358th Infantry Regiment confirme de son côté que des correspondants de presse viennent sur place photographier les hommes de la Cannon Company au milieu des ouvrages fortifiés.

 

Le rapport régimentaire confirme également que les hommes de la Cannon Company remettent les pièces en action contre les positions allemandes de la rive est de la Moselle. La dépêche reproduite dans le « Berwick Enterprise » indique qu’un premier essai a lieu vers 16 heures le 15 septembre 1944, chaque pièce tirant un coup. Le 16 septembre 1944, l’action change d’échelle : au moins 300 obus sont tirés sur les positions allemandes de l’autre côté de la Moselle ; de la fumée est observée au-dessus des toits. Le Lieutenant Robert J. Henderson, 24 ans, de Yuma dans le Colorado, est cité sur place à ce moment-là. Les Allemands ripostent par des tirs de 88 mm, obligeant les observateurs à se mettre à couvert.

 

Sources : [A1] AAR, 15 septembre ; [P1] Buffalo News, 16 septembre 1944, p. 2 ; [P4] Berwick Enterprise, 18 septembre, p. 2 ; [P8] Detroit Free Press, 17 septembre, p. 1 ; [A5] 358th IR  AAR  September 1944 [P2/P3/P6/P7/P9/P10] reprises AP du 17 septembre.

Nuit du 15 au 16 septembre 1944 - La Moselle n’est pas une frontière étanche

Le rapport de la 90th Infantry Division offre une scène remarquable : pendant la nuit, une patrouille américaine se bat sur la rive est de la Moselle tandis qu’une patrouille allemande affronte les forces américaines sur la rive ouest, le tout dans l’obscurité. Même après la prise de la rive gauche, chacun peut encore passer ponctuellement du mauvais côté du fleuve.

 

Sources : [A1] AAR de la 90th Infantry Division, entrée du 16 septembre.

Le 16 septembre 1944 - La légalité française se réinstalle jusque dans les registres et les noms de rues

À 17 heures, la Commission municipale provisoire reçoit Monsieur Mondon, Secrétaire Général du Préfet de la Moselle. Il approuve les mesures déjà prises et homologue officiellement la Commission : Monsieur Georges Marchal est confirmé Président et Monsieur René Schwartz devient vice-président.

 

Les directives sont très concrètes, la Commission n’est liée que par les instructions préfectorales et celles des autorités militaires ; le maire provisoire dispose du droit de réquisition et peut sanctionner ceux qui refusent d’obéir. Les responsables et membres jugés suspects des formations paramilitaires doivent être internés et, en principe, les hommes de nationalité allemande arrêtés.

 

Les prix et le rationnement restent provisoirement inchangés. Les actes d’état civil doivent désormais être rédigés en français dans les registres allemands. Les communes annexées reprennent provisoirement leur autonomie. Enfin, les anciennes dénominations françaises des places et des rues doivent être restaurées et les noms allemands retirés des panneaux. Après 4 années de Diedenhofen, Thionville recommence officiellement à écrire son nom en français.

 

Sources : [M1] registre municipal, séance du 16 septembre, pp. 12-13. ; Archives municipales de Thionville

Le 17 septembre 1944 - La Moselle reste une frontière incertaine

Dans les premières heures du 17 septembre, les patrouilles du 358th Infantry Regiment montrent une nouvelle fois que la Moselle ne constitue pas encore une séparation étanche entre les deux camps. Le 2nd Battalion signale qu’une patrouille allemande, d’effectif indéterminé, a franchi le secteur du pont sud de Thionville. Dans le même temps, une patrouille du 1st Battalion connaît une nuit difficile : un homme est blessé, trois autres sont portés disparus et toutes les embarcations utilisées par le groupe sont détruites. Les hommes doivent regagner la rive à la nage, après avoir rencontré des Allemands de l’autre côté du fleuve.

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La rive opposée demeure également très active. Vers 3 heures, le 2nd Battalion observe des Allemands en train d’aménager leurs positions face à la Company G ; plus tard dans la matinée, une autre patrouille ennemie est dispersée par les tirs de la Company F. Les reconnaissances routières et les échanges de renseignements avec les unités voisines se poursuivent tout au long de la journée.

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Les Américains cherchent aussi à tromper l’adversaire. Dans la soirée, il est prévu de faire tirer l’artillerie au phosphore blanc, puis de déplacer une vingtaine de véhicules chenillés dans le secteur visible depuis la rive allemande afin de donner l’impression de l’arrivée de nouveaux renforts. Dans le même temps, la Cannon Company du 358th Infantry Regiment rapporte avoir tiré 150 obus au cours de la journée depuis les pièces du Fort de Guentrange, portant à 450 le nombre total de coups tirés depuis leur remise en service.

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En fin de journée, des mouvements allemands sont encore observés sur la rive est de la Moselle, preuve que, plusieurs jours après la prise de la rive ouest de Thionville, le front demeure extrêmement mobile et surveillé de part et d’autre du fleuve.

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➜ À titre indicatif, un projectile de 10,5 cm pèse généralement autour de 14 à 16 kg selon le modèle. En prenant une valeur moyenne d’environ 15 kg, les quelque 450 coups tirés depuis le Fort de Guentrange entre le 15 et le 17 septembre représenteraient à eux seuls près de 6,7 tonnes de projectiles envoyés sur les positions allemandes, sans compter les charges propulsives.

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Source : [A5] 358th Infantry Regiment — History / After Action Report, September 1944.

Le 18 septembre 1944 - La question des F.F.I est mise à plat

Le 18 septembre, la Commission reçoit le Commandant Davis, le Lieutenant Miller du C.I.C (Counter Intelligence Corps), le Lieutenant Patterson, ainsi que les représentants des F.F.I et de la police. Monsieur Georges Marchal dénonce l’existence de groupes de jeunes gens agissant de leur propre autorité sans coordination claire avec la municipalité ni, probablement, avec l’autorité militaire américaine. 5 noms sont consignés : Thomé, Muller, Rouppert, Palz et Ritry.

 

Le Commandant Davis considère les papiers de Monsieur Ritry comme réguliers et le désigne Chef des F.F.I de Thionville, avec mission d’assurer l’ordre et la sécurité avec la police municipale. Monsieur Lucien Guille soulève toutefois le cas de Monsieur Rouppert, qui aurait encore appartenu 6 mois auparavant au NSKK (Nationalsozialistisches Kraftfahrkorps, Corps de transport motorisé national-socialiste). Après une courte enquête, le commandant Davis indique que Monsieur Rouppert a été reconnu comme membre des FFI par sa hiérarchie et estime que cette décision doit être acceptée par la Commission municipale.

 

Sources : [M1] registre municipal, séance du 18 septembre, p. 14

Le 19 septembre 1944 - Georges Marchal est tué par un éclat d’obus allemand

Le soir du 19 septembre, Monsieur Georges Marchal quitte la mairie pour rentrer chez lui. Près du temple protestant, dans le secteur de la rue Claude-Arnoult, aujourd’hui place Claude Arnoult, il est mortellement frappé par un éclat d’obus allemand. Un rapport municipal rédigé plus tard ajoute un détail particulièrement dur : Odette, sa fille cadette ne retrouve son père que le lendemain à l’endroit même où il est tombé.

 

Au sud de Thionville, la situation reste encore confuse. Dans la nuit qui précède, des patrouilles allemandes s’infiltrent à Richemont et à Uckange. Une compagnie du 2nd Battalion du 357th Infantry Regiment est envoyée à Richemont pour reprendre la localité. L’opération se déroule sans incident et permet de rétablir la liaison avec la Compagnie E du 358th Infantry Regiment basée à Uckange. Là, une patrouille allemande plus importante, entrée dans la ville par trois côtés, est repoussée avec de lourdes pertes.

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Le rapport du 358th Infantry Regiment complète cet épisode : devant la situation à Uckange, le 1st Battalion est mis en alerte et reçoit l’ordre de tenir une compagnie prête à intervenir, tandis qu’un peloton de chars est envoyé dans la localité. Dans le secteur de Thionville, le dispositif est également réorganisé : dans la soirée du 19 septembre, le 1st Battalion relève le 2nd Battalion et reprend à son compte la défense de la Moselle.

 

Sources : [A5] 358th IR  AAR  September 1944 ; [M1] registre municipal, séance du 20 septembre et rapport rétrospectif ; [A1] AAR, 19 septembre

Le 20 septembre 1944 - Une administration frappée en plein cœur

À 11 heures, Monsieur Lucien Guille annonce officiellement la mort de Monsieur le Maire, Georges Marchal. La Commission se lève et observe un moment de silence. Monsieur Jean-Marie Desvignes, ancien adjoint au maire revenu en mission officielle du préfet de la Moselle à Bar-le-Duc, est désigné Président de la Commission municipale provisoire.

 

La ville décide d’organiser des funérailles officielles aux frais de la commune. L’idée de donner le nom de Marchal à une place est évoquée ; Monsieur René Schwartz propose notamment la place devant le lycée de garçons, actuel lycée Charlemagne, où Georges Marchal avait enseigné pendant de longues années. La décision est reportée, en attendant que le Commandant Davis soit officiellement informé du décès.

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Pendant ce temps, sur le plan militaire, le 358th Infantry Regiment s’installe dans une phase de défense active le long de la Moselle. À partir du 20 septembre, le régiment renforce ses positions, maintient des avant-postes au bord du fleuve et prépare différents plans en prévision d’une éventuelle attaque allemande venue de la rive est. Des patrouilles continuent également à franchir la Moselle afin de recueillir des renseignements sur les positions adverses, tandis que les unités voisines échangent en permanence leurs observations sur les mouvements allemands.

 

Sources : [A5] 358th IR  AAR  September 1944 ; [M1] registre municipal, séance du 20 septembre, p. 15.

Le 21 septembre 1944 - Les patrouilles américaines repassent la Moselle

Le 21 septembre, les patrouilles américaines du secteur du 358th Infantry Regiment parviennent à franchir la Moselle, mais se heurtent partout à de solides avant-postes allemands. La grande opération de franchissement est abandonnée pour le moment, tandis que la reconnaissance offensive se poursuit afin d’éprouver les défenses sur la rive droite. Dans le même temps, la 90th Infantry Division commence à entraîner des détachements d’assaut en vue des prochaines opérations contre Metz, pendant que l’artillerie américaine maintient ses tirs de harcèlement sur les positions allemandes.

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Ce même jour, vers 14 heures, le général George S. Patton se rend au poste de commandement du 358th Infantry Regiment. Le Lieutenant-Colonel Clarke, commandant du régiment, lui expose en détail la situation sur le front de la Moselle. Patton reste ensuite dîner avec les officiers avant de repartir avec Clarke pour inspecter un ouvrage de la ligne fortifiée. Le rapport régimentaire ne donne pas le nom de cet ouvrage ; dans le dispositif américain du 21 septembre, il s’agit très vraisemblablement du Fort de Guentrange, alors tenu par les hommes du 358th Infantry Regiment et dont les pièces viennent d’être remises en service contre les positions allemandes de l’autre côté de la Moselle.

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➜ À titre indicatif, le rapport du 358th Infantry Regiment ne précise pas le nom de l’ouvrage inspecté par le Général Patton. Toutefois, dans le secteur de Thionville, le Fort d’Illange et le Fort de Kœnigsmacker sont encore occupés par les Allemands à cette date. Le Fort de Guentrange, déjà aux mains des Américains et utilisé par le 358th Infantry Regiment, apparaît donc comme l’identification la plus vraisemblable.

 

Sources : [A5] 358th IR  AAR  September 1944 ; [A1] AAR de la 90th Infantry Division, 21 septembre.

Le 22 septembre 1944 - Funérailles sous le feu, puis inventaire d’une ville à faire survivre

Monsieur Georges Marchal reçoit des funérailles simples mais officielles dans une ville que le rapport décrit encore sous le tir de l’artillerie ennemie. Monsieur Lucien Guille représente le gouvernement provisoire de la République française. Monsieur Marcel Rebourset, Préfet de la Moselle, se rend au cimetière Saint-François de Thionville ; le registre présente son intervention devant la dépouille comme son premier discours officiel en terre Lorraine libérée.

 

Immédiatement après la cérémonie, à 10 heures, le préfet préside une réunion consacrée à deux priorités : rétablir l’ordre et assurer le ravitaillement. La police est jugée suffisamment nombreuse, renforcée d’auxiliaires, mais elle manque d’armes. Les policiers doivent porter des brassards blancs numérotés et frappés du cachet de la mairie. La mission des F.F.I est considérée comme terminée et leur dissolution prochaine est envisagée.

 

L’approvisionnement en eau passe ce jour-là de 80 à 150 m³ par jour. Le Grand-Thionville compte environ 25 000 habitants, dont seulement 11 000 dans la ville même. Il reste environ un mois de viande et 15 jours de farine. L’abattoir situé de l’autre côté de la Moselle devra être remis en fonction après le nettoyage militaire du secteur, notamment son installation frigorifique.

 

Le ravitaillement est étudié jusque dans le détail : 1 000 kg de beurre doivent pouvoir venir de la Meuse, ainsi que de la choucroute ; les pommes de terre sont jugées suffisantes pour le moment, avec une ration envisagée de 5 livres (environ deux kilos et demi) par personne et par semaine. Les cultivateurs doivent continuer à livrer lait, bétail et les abattages clandestins doivent être empêchés. Les autorités envisagent même de maintenir provisoirement le rationnement allemand jugé plus généreux que celui de la France de l’intérieur.

 

Le pain fait débat (pain blanc ou pain mixte), composé d’1/3 de farine noire et de 2/3 de farine blanche. Les moulins d’Ébange doivent fournir les pâtes ; le café et le sucre sont annoncés disponibles, avec 75 tonnes de café stockées à Uckange. Le tabac peut continuer à être distribué. Les travailleurs manquent en revanche de chaussures ; le Secours national pourrait en fournir gratuitement aux plus nécessiteux.

 

Les besoins en combustible pour le chauffage, notamment en coke, sont couverts et les usines à gaz de Moyeuvre et Hayange doivent reprendre leur activité. Le franc retrouve son pouvoir libératoire, mais le taux de conversion du mark en franc n’est pas encore réglé : les commerçants sont invités à afficher les prix dans les deux monnaies. La situation sanitaire est jugée bonne, mais les produits pharmaceutiques manquent ; 2 pharmacies allemandes auraient été pillées et les 2 pharmacies exploitées par des Lorrains sont fermées.

 

La reconstruction n’est pas encore la priorité : Thionville reste sous les obus. Il faut d’abord réparer au plus vite les dégâts les plus urgents, surtout les vitres et les toitures. On cherche des tuiles, de la toile et du papier huilé pour protéger provisoirement les bâtiments, et sept wagons de tuiles sont signalés entre Florange et Uckange.

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Les biens allemands laissés vacants sont placés sous séquestre. Les logements inoccupés doivent être attribués en priorité aux militaires, aux sinistrés, ainsi qu’aux expulsés et déportés à leur retour. Monsieur l’abbé Luxembourger propose aussi un centre d’accueil pour les héberger et les nourrir. À cette date, 35 ressortissants allemands, hommes, femmes et enfants, ont été arrêtés. ​

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Pendant ce temps, le front reste actif autour de Thionville. Le 358th Infantry Regiment maintient ses avant-postes le long de la Moselle et poursuit ses patrouilles sur la rive opposée afin de recueillir des renseignements. Les civils fournissent également de nombreuses informations sur les mouvements allemands, tandis que l’artillerie américaine continue de battre les objectifs repérés de l’autre côté du fleuve.

 

Sources : [A5] 358th IR  AAR  September 1944 ; [M1] registre municipal, séance du 22 septembre, pp. 16-18.

Le 23 et 24 septembre 1944 — La Moselle reste une ligne de combat

Les patrouilles américaines continuent de franchir la Moselle malgré la présence allemande sur l’autre rive. Au cours d’une patrouille nocturne de la Company A du 1st Battalion du 358th Infantry Regiment, les hommes sont pris sous le feu et leurs embarcations sont détruites. Le rapport régimentaire indique que 2 soldats, incapables de nager, restent bloqués pendant 4 jours et 4 nuits sans nourriture ni eau.

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Leur sauvetage est officiellement daté du 20 septembre 1944 dans la citation de la Distinguished Service Cross décernée au Major Cleveland Arthur Lytle, commandant du 1st Battalion. Le document précise que les 2 soldats sont immobilisés sur le brise-glace d’un pont détruit dans la Moselle et que le Major Lytle intervient alors qu’il est soumis à des tirs nourris de mortiers, d’armes légères, de fusées éclairantes et d’une mitrailleuse fixe installée sur le pont.

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Une dépêche de United Press publiée le 30 septembre donne davantage de détails et permet d’identifier les hommes. Les 2 soldats retrouvés sont le PFC Henry A. Banks, de St. Joseph dans le Missouri, et le Sergent Grant A. Martin, de Shongaloo en Louisiane. Le Major Cleveland Lytle, de Columbia en Caroline du Sud, part à leur secours accompagné du Sergent Paul D. Evans, de McAlester dans l’Oklahoma, et du PFC Casper J. Almi, de L’Anse dans le Michigan. Le Lieutenant-Colonel Christian H. Clarke, d’Atlanta en Géorgie, rapporte que les hommes avaient déjà été considérés comme perdus. Banks et Martin sont dissimulés près de l’extrémité du pont détruit, alors que des soldats allemands se trouvent tout autour d’eux sans savoir qu’ils sont là. Lytle et ses hommes progressent jusqu’à leur position, puis des cordes sont descendues jusqu’aux 2 soldats. Banks et Martin se laissent alors glisser dans l’eau avant d’être ramenés en sécurité. Deux autres hommes portés disparus lors de la patrouille ne sont pas retrouvés.

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La dépêche de United Press situe toutefois la disparition seulement « 2 nuits auparavant », alors que le rapport du 358th Infantry Regiment indique 4 jours et 4 nuits. La citation officielle de la Distinguished Service Cross fixe, quant à elle, le sauvetage au 20 septembre 1944.

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Source : [B1]Find a Grave — Cleveland Arthur Lytle ; [P12] The Washington Daily News (Washington, D.C.), 30 septembre 1944, p. 6 ; [A5] 358th IR  AAR  September 1944, p.23

Le 25 septembre - Les pompiers sont toujours à Rodemack

La Commission revient sur la situation des sapeurs-pompiers, toujours cantonnés à Rodemack depuis leur évacuation du 4 septembre. Elle demande leur retour au plus tôt. Elle constate aussi que le corps a été artificiellement grossi à la fin de l’Occupation par le transfert de commerçants et d’artisans issus de la Défense passive allemande. La municipalité souhaite notamment libérer les artisans afin qu’ils puissent reprendre leur métier et ramener l’effectif vers son niveau d’avant-guerre. Un état nominatif de tous les pompiers avec leur profession est demandé au capitaine.

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​Sur le front, la situation reste néanmoins tendue. À 17 h 50, le Lieutenant-Colonel Richard G. Stilwell, officier G-3 de la 90th Infantry Division chargé des opérations, arrive au poste de commandement du 358th Infantry Regiment. Il annonce que deux bataillons doivent se déplacer le lendemain, puis un autre le jour suivant. Les dispositions nécessaires sont aussitôt prises et les unités informées. Dans la soirée, à 20 h 20, des avions allemands tournent au-dessus du secteur du 1st Battalion et larguent des fusées éclairantes. Des patrouilles allemandes sont également signalées dans la zone, leur activité semblant se concentrer autour de la Company B. Aucun dégât n’est toutefois signalé et, à minuit, le secteur est de nouveau considéré comme calme.

 

Sources : [A5] 358th IR  AAR  September 1944 ; [M1] registre municipal, séance du 25 septembre, p. 19.

Le 27 septembre - Le 358th Infantry Regiment quitte le secteur de Thionville

Le 27 septembre, le 358th Infantry Regiment quitte le secteur de Thionville par marche et transport motorisé pour gagner les zones de rassemblement de Saint-Marcel et Vionville. La 90th Infantry Division se prépare désormais aux opérations contre Metz.

 

Le même jour, la Battery B du 537th Anti-Aircraft Artillery Automatic Weapons Battalion quitte à son tour Veymerange après environ 2 semaines passées sous les tirs ennemis, dans la pluie et la boue, pour rejoindre Vionville. Son récit de campagne rappelle que les sections B2 et B3 avaient particulièrement subi le bombardement allemand, que les tirs de contre-batterie avaient été fréquents et qu’un camion de la section 2 avait été frappé par des éclats sans être mis hors service.

 

Sources : [A1] AAR, 27 septembre ; [A3] Narrative of Battery B, 537th AAA AW Battalion, p. 5.

Octobre 1944 — 

Thionville octobre 1944

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Novembre 1944 — 

Thionville novembre 1944

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Décembre 1944 — 

Thionville décembre 1944

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