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Fond beige crème uniforme

Ça coule de source… à condition d’avoir du jus !

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Le 12 mars 1951, sous la présidence de René Schwartz, maire de Thionville, le Conseil municipal se penche en séance publique sur le programme des grands travaux prévus pour l’année. Voirie, conduites d’eau, bâtiments communaux, trottoirs : la liste a tout ce qu’il faut pour réjouir les amateurs de budgets municipaux. Mais au milieu des dépenses extraordinaires, une ligne mérite que l’on s’y arrête. La Ville prévoit un million de francs pour « l’alimentation en haute tension de la pomperie du chemin des Romains et l’installation du téléphone ». 

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Le texte est bref, presque frustrant. On sait que cette pomperie doit recevoir une alimentation électrique plus importante et qu’on souhaite en même temps la raccorder au téléphone. En revanche, le procès-verbal ne prend pas la peine de nous expliquer ce qu’elle alimente exactement, pourquoi cette modernisation devient nécessaire ni quelle place cette installation occupe dans le réseau d’eau de la ville. En 1951, les conseillers municipaux savaient manifestement de quoi ils parlaient. Plus de 70 ans plus tard, ils auraient pu penser à nous laisser deux ou trois lignes supplémentaires.

Il faut donc résister à la tentation de faire parler l’archive davantage qu’elle ne le fait. Le Fort de Guentrange n’est pas cité, pas plus que son réservoir ou l’Autorité militaire. À cette date, le seul élément certain est cette pomperie du chemin des Romains, suffisamment importante pour justifier une alimentation en haute tension, l’installation du téléphone et un crédit d’un million de francs. Le Conseil municipal approuve finalement à l’unanimité l’ensemble du programme de grands travaux dans lequel figure cette opération.

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Pour notre histoire du Fort, 1951 laisse donc une drôle de pièce sur la table. Elle porte le nom du chemin des Romains, parle d’eau, d’électricité et d’une pomperie, mais refuse encore obstinément de nous dire jusqu’où ses tuyaux conduisent. Ce n’est pas une preuve que le Fort se trouve au bout de la canalisation. C’est en revanche une piste suffisamment sérieuse pour ne pas finir au fond d’un carton. Certaines histoires commencent par une grande déclaration, celle-ci commence plus modestement par une pompe, un câble électrique et un téléphone.

Sources :

Archives municipales de Thionville  — Délibération du Conseil municipal du 12 mars 1951

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