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Un demi-million pour imaginer l’avenir du Fort de Guentrange

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Le 27 avril 1978, sous la présidence du Docteur Paul Souffrin, maire de Thionville, le Fort de Guentrange revient sur la table du Conseil municipal. Cette fois, il n’est plus question de munitions, de bail ou de négocier quelques clés avec l’armée. Monsieur de Beaumont, adjoint, présente un vaste programme d’aménagement d’espaces verts préparé à la demande des Services de l’Équipement pour le budget régionalisé de l’État de 1979. Squares, parcs, terrains de jeux, berges, ceintures vertes et même anciens forts militaires peuvent prétendre à une subvention. Le Fort découvre ainsi une nouvelle vocation administrative assez inattendue. Après avoir été classé parmi les ouvrages militaires, le voilà désormais rangé du côté des espaces verts.

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La Municipalité établit neuf priorités pour les années à venir. Le Fort de Guentrange arrive en 4ème position, derrière les anciens étangs Walter et Onasch et le quartier Saint-Pierre. Aucun achat de terrain n’est prévu pour lui, mais les aménagements sont estimés à 500 000 francs. L’État pourrait en prendre 20 % à sa charge, à condition que la Ville accepte de financer les 80 % restants. Voilà un ancien ouvrage militaire qui commence décidément à comprendre les subtilités de la reconversion. Autrefois, on calculait les épaisseurs de béton. Désormais, on calcule les pourcentages de subvention.

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L’affaire ne s’arrête pas au chèque. En acceptant le programme, Thionville s’engage également à entretenir les surfaces une fois aménagées. La Commission des Travaux, de l’Urbanisme et du Cadre de Vie donne son accord. La Commission des Finances suit également. Quant à l’ordre des priorités, il pourra encore évoluer mais le Fort a désormais officiellement trouvé sa place parmi les projets que la Ville entend transformer au cours des années suivantes.

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Et 1978 réserve une autre petite surprise. Le 22 juin, au détour cette fois des décisions modificatives du budget de 1977, une ligne beaucoup plus discrète apparaît dans les comptes : une subvention départementale de 10 000 francs pour « l’aménagement d’un complexe de plein air au Fort de Guentrange ». Voilà donc que ce fameux complexe, dont les archives nous disent encore si peu, existait déjà quelque part dans les projets municipaux avant même que le Fort ne rejoigne le grand programme des espaces verts. Reste à savoir si les deux dossiers ne faisaient qu’un ou s’ils suivaient chacun leur propre chemin. Pour l’instant, les documents se gardent bien de nous donner la réponse.

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Le Conseil municipal adopte finalement le programme d’espaces verts à l’unanimité. Six ans après les premières discussions sur l’ouverture du site au public, le changement de vocabulaire est en tout cas spectaculaire. Le Fort n’est plus seulement un ouvrage militaire loué à l’armée : il devient un espace à aménager, à entretenir, à ouvrir au plein air et pour lequel les chiffres commencent sérieusement à s’aligner. 500 000 francs d’un côté, 10 000 francs de subvention de l’autre… sur le papier, Guentrange commence à prendre des couleurs. Quant à savoir ce qui poussera réellement derrière les lignes du budget, il faudra encore patienter.

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À titre d’ordre d’idée, ces 500 000 francs de 1978 représenteraient aujourd’hui environ 316 000 euros en valeur 2025, si l’on suit la conversion officielle de l’INSEE, qui s’arrête pour l’instant à cette année-là. Autrement dit, si un effort budgétaire équivalent était maintenu de nos jours, on parlerait d’un peu plus de 300 000 euros rien que pour ce type d’aménagements d’espaces verts. Une somme qui donne surtout la mesure de l’ambition affichée à l’époque, même si, entre les intentions couchées sur le papier et ce qui fut réellement réalisé, l’histoire peut parfois se montrer beaucoup moins généreuse.

Sources :

Archives municipales de Thionville  —  Séance du Conseil municipal du 27 avril 1978

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