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L’ombre du Fort jusque dans le réseau d’eau

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Le 12 octobre 1970, sous la présidence de Georges Ditsch, maire de Thionville, le Fort de Guentrange s’invite au Conseil municipal d’une manière assez inattendue. Le point n° 9 de l’ordre du jour est beaucoup plus terre à terre : il faut améliorer l’alimentation en eau du Ravin du Crève-Cœur et c’est en regardant sous la route que les élus retombent, presque littéralement sur le Fort. 

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Monsieur Schott, adjoint, décrit un secteur encore bien sommairement équipé. Le Ravin du Crève-Cœur ne possède alors, selon le procès-verbal, que « l’ancien canal-égout militaire venant du Fort de Guentrange ». Une formule glissée dans un dossier d’adduction d’eau, mais qui raconte à sa manière combien les installations militaires continuaient encore à marquer le sous-sol des environs. Le Fort n’avait donc pas seulement laissé du béton sur la hauteur : il avait aussi envoyé quelques souvenirs beaucoup moins visibles dans la pente.

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Pour les habitants, l’héritage militaire ne suffit évidemment pas à faire couler correctement l’eau du robinet. Dans la partie basse du Ravin, deux constructions anciennes sont alimentées provisoirement par un branchement de faible section relié au réservoir de Guentrange. Problème... le réservoir se trouve sensiblement à la même altitude que les maisons et la pression à l’arrivée est presque nulle. Dans la partie haute, deux constructions plus récentes disposent d’un autre branchement, cette fois raccordé à la conduite de la Route du Crève-Cœur, dépendant d’un réservoir installé Chemin du Fort, près des casernements de la C.R.S, à une altitude plus favorable.

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La solution municipale est nettement moins pittoresque que l’ancien canal militaire mais probablement beaucoup plus appréciée des habitants c'est de poser une nouvelle conduite de distribution à partir de la Route du Crève-Cœur. Les Services techniques évaluent l’opération à 21 200 francs. Le Conseil donne son accord à l’unanimité et inscrit la dépense au budget annexe du Service des Eaux pour 1971.

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Ainsi, en 1970, le Fort ne fait pas encore parler de lui pour ce qu’on pourrait un jour en faire. Il apparaît simplement parce qu’un vieux réseau militaire continue de descendre vers la ville et qu’il faut désormais composer avec lui. Les armées avaient laissé leurs ouvrages, aux services municipaux revenait maintenant le plaisir de retrouver les tuyaux.

Sources :

Archives municipales de Thionville  - Séance public du Conseil municipal du 12 octobre 1970

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