
Un aménagement dont le plan nous échappe

Le 13 avril 1976, sous la présidence de Monsieur Georges Ditsch, le Fort de Guentrange se glisse dans les débats du Conseil municipal presque par la porte de côté. Ce jour-là, ce n’est même pas lui qui figure à l’ordre du jour. Monsieur Donny, adjoint, présente un tout autre projet : le Club Vosgien souhaite transformer les installations de l’ancien radar militaire de Beuvange-sous-Saint-Michel en refuge. On discute travaux, participation de la Ville et forcément, subventions. Le Département n’a pas retenu la demande présentée à la Commission départementale du Tourisme, ce qui provoque quelques grincements de dents autour de la table.
La discussion finit alors par prendre un détour particulièrement intéressant pour Guentrange. Il est précisé que, pour son budget 1976, la Commission départementale du Tourisme s’est essentiellement contentée de reprendre les projets de 1975. Et au milieu des regrets exprimés apparaît une petite phrase qui, près d’un demi-siècle plus tard, mérite qu’on s’y arrête : les élus déplorent que « le projet d’aménagement du Fort de Guentrange » n’ait pas été retenu parmi les opérations susceptibles d’être subventionnées.
Le document est aussi précieux par ce qu’il dit que frustrant par ce qu’il tait. Quel était exactement ce projet ? Que voulait-on aménager ? Pour quel montant ? Avec quels équipements ? Le procès-verbal n’en souffle pas un mot. Pas de plan, pas de devis et même pas quelques lignes pour satisfaire les curieux un demi-siècle plus tard. Mais une chose est désormais certaine : en 1976, le Fort fait déjà l’objet d’un projet d’aménagement suffisamment sérieux pour que son absence parmi les opérations subventionnables soit regrettée publiquement au Conseil municipal.
Pour cette fois, le dossier reste dans l’ombre. On sait qu’un projet existe, on sait qu’il espérait trouver une aide, mais les archives ne nous en livrent encore ni le visage ni les ambitions précises. Guentrange avait donc déjà un avenir sur le papier ; il nous reste simplement à découvrir à quoi il ressemblait.
Sources :
Archives municipales de Thionville — Séances secrètes du Conseil municipal du 13 avril 1976


